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Expo : Désordre

SORTIR DESORDREEt si on appréhendait les objets
du quotidien autrement ?
C’est ce à quoi invite l’artiste paloise Clémentine Fort,
qui expose tout le mois au Bel Ordinaire.

 

Des étagères inclinées sur lesquelles on ne peut rien poser. Une table basse au plateau qui penche et sur laquelle apéro et revues flanchent ou encore une chaise à l’assise inutile au séant car elle va de l’avant. Mais c’est quoi ce bordel !? De l’art, chers lecteurs de Tmv... Et puis d’abord, on vous reprend tout de suite,
l’installation à voir en ce moment au Bel Ordinaire, s’appelle «Désordre». Une exposition reprenant d’anciens travaux de l’artiste paloise Clémentine Fort, et son dernier projet, «Ces objets qui dérangent», fruit de sa résidence au Bel Ordinaire.
A travers ce dernier projet, Clémentine Fort, qui a travaillé quelques années dans la déco haut-de-gamme, nous interroge sur notre rapport aux objets, le diktat de l’objet beau, parfait, fonctionnel. A partir de mobilier Ikéa, choisit justement comme symbole de l’uniformisation (parce que l’on a tous un truc Ikéa chez soi), Clémentine Fort a imaginé des pièces qui viennent enlever leur fonctionnalité aux objets. Ces perturbateurs sont volontairement de couleur, pour trancher avec le blanc, les lignes pures, le bois clair (bref, les préceptes du design scandinave). Dans ce décor où toutes les conventions sont inversées (y compris les codes d’une exposition) on verra aussi des sculptures au mur (des pièces de bois, faites et peintes à la main, avec leur série d’imperfections, donc) et des photos posées. Un joyeux mic-mac pour faire se questionner chacun de nous, sans pour autant donner de prêt-à-penser. L’idée de l’artiste étant de dénoncer l’autoritarisme ambiant en matière de déco et de consommation, elle s’est bien gardée d’essayer d’imposer un point de vue. Les lignes de fuite que semblent suivre les objets de Clémentine Fort sont ici pour nous donner, à nous, de la fuite dans les idées. Faire l’éloge de la lenteur, de la poésie, de l’imagination et de la création.
Dans «Désordre», on retrouve aussi d’anciens projets de Clémentine Fort, comme la série photographique «Rue de Grenelle» ou encore ses cols blancs en céramique, «Les absents». Deux précédents travaux davantage liés  au corps, au mouvement, à la mémoire, aux absences. «Désordre» donne ainsi un panel assez complet du travail de Clémentine Fort, qui aime à diversifier ses média d’expression. 

  ET AUSSI                      

SORTIR desordre2Clémentine Fort
Diplômée de l'Ecole Supérieur des Arts des Pyrénées, à Pau, et de l'École des Beaux-Arts de Nantes, Clémentine Fort développe depuis dix ans un travail qui recourt à différents médiums : la sculpture, la photographie et l'écriture.

 

  LES ŒUVRES PRÉSENTÉES   
«La Rue de Grenelle»
est un lieu où le temps s'est arrêté. Dans cette série de photographies en noir et blanc, Clémentine Fort questionne l'intime et choisit comme décor un appartement parisien vide, épuré de tout mobilier et objet, où seuls les corps ressurgissent, tels des réminiscences de souvenirs passés.

«De la chair pour le béton»
Série photographique interrogeant l’architecture et le corps : «Un personnage féminin vient se confronter
à différentes architectures, sa silhouette vient perturber le jeu formel des bâtiments en rivalisant à l'aide de ses courbes, ses couleurs et ses accessoires avec le construit. Dans ce jeu, entre révérence et résistance, il est difficile d'évaluer celui qui prendra le pas sur l'autre.» (Monique Larrouture Poueyto, professeur d'histoire et de théorie de l'art).

«Les absents»
Série de cols en céramique. Avec le col comme motif de l’absence, l’objet fossile, répertoire amalgamé à la blancheur poreuse de l’os donne corps à ces présences absentes qu’on ne voit pas mais qui escortent nos pas.»

  PRATIQUE                    
«Désordre» à voir jusqu’au 31 octobre à la petite galerie du Bel Ordinaire, aux Abattoirs de Billère.
Ouvert au public du mercredi
au samedi de 15h à 19h. Gratuit.