Sortir

On a vu : GET ON UP

cinema photo 1Un biopic sur la vie
de James Brown, sur l’homme
(pas si funky !) derrière
la légende. Électrisant !

 

 

 

 

 

Un James Brown en costume rouge, qui sort de l’ombre, serein. Puis changement de plan brutal : « Monsieur Dynamite » explose. Complètement camé, mégalo, furieux, tirant des coups de feu dans le plafond.Le film s’ouvre ainsi, sur un épisode tardif de la vie de James Brown. Un chanteur certes talentueux, mais autoritaire, parfois violent, parano. Ne parlant de lui qu’à la troisième personne. En cela, ce biopic, loin de n’être réservé qu’aux fans, a décidé de jouer sur deux partitions : oui, le caractère de Mr Brown frôlait l’insupportable ; mais il était aussi un génie (Mick Jagger des Rolling Stones, ultime fan du  chanteur, a coproduit le film…). Parti de rien, les pieds dans la terre, pour arriver au fi rmament, la tête dans les étoiles. Un gosse paumé, déchiré entre sa mère battue et son père violent. Tellement perdu qu’il finira quelque temps derrière les barreaux… La prison, symbole paradoxal de sa libération, puisqu’il y découvrira le gospel. Get On Up est une réussite. Déjà parce qu’il s’écarte des sentiers balisés du biopic simpliste, loin de suivre le bête schéma chronologique. Ici, le montage est syncopé, compliqué, mais appliqué. L’espace-temps est malmené, secoué par des flashbacks, des allers-retours entre l’enfance et l’âge adulte de la Sex machine. Des cassures de rythmes qui renforcent ce contraste entre sa vie misérable en forêt et son apogée sur les planches, sur fond de « I feel good ». Get On Up ose aussi une forme rare au cinéma, en laissant James Brown s’adresser parfois directement au spectateur. Original, mais déroutant. Surprenant, aussi, ce parti pris d’occulter le rapport de James Brown aux femmes, au sexe et à la drogue. Trop survolé. À peine quelques clins d’oeil. Tout juste peut-on le voir rouler rapidement un joint ou avoir quelques secondes de grâce entre les jambes d’une fille peu farouche. Exit ses arrestations pour possession de drogue ou autres violences conjugales… Le reste ne souffre d’aucun reproche. Le réalisateur Tate Taylor dépeint le parrain de la soul comme il était : despote exécrable, hautain et  prétentieux. Un double personnage, complexe, admirablement joué par Chadwick Boseman, largement « oscarisable » pour ce rôle ! L’acteur y est hallucinant de mimétisme. Colossal dans ses gestes et bluffant dans sa voix (mais reste à voir ce que donnera la version française…). Une véritable performance magnifi ant des séquences de concerts, techniquement sans faille, nourries de tubes funk et soul. Un bonheur tant auditif que visuel, point d’orgue du film, contrastant avec l’arrogance d’un monstre de la musique, le Docteur James et Mister Brown.


Durée : 2 h 18. Biopic, de Tate Taylor
(USA). Avec Chadwick Boseman,
Dan Aykroyd, Viola Davis…

  On a pensé à...                                                     

cinema 2bis

 

 

 

 

WALK THE LINE
Parce que ce biopic
sur Johnny
Cash, loin de la simple hagiographie
bête et méchante, aborde
sans détour ses problèmes d’addiction
aux amphétamines,
sa gloire et sa déchéance.
Une véritable plongée dans l’Amérique
profonde et dans le coeur d’un
homme blessé. Mais surtout parce
que Walk the line vaut pour les
prestations exceptionnelles de
Joaquin Phoenix, bluffant dans
son rôle de Johnny Cash, et Reese
Witherspoon, admirable dans son
costume de June Carter.