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Ciné : Pape François, un homme de parole 1,5/5

ECRAN« Pape François : un homme de parole »
se base, durant 
une heure trente,
sur de longs entretiens face caméra.

 

« Ce n’est pas un film sur lui, mais avec lui », a déclaré Wim Wenders, réalisateur de ce «documentaire», lors de sa présentation au festival de Cannes. L’utilisation des guillemets est ici nécessaire, car l’appellation est plutôt trompeuse. Loin d’être un simple « docu », il s’agit surtout d’une hagiographie béate, toute à la gloire de l’actuel pape. Excessivement élogieux, le film de Wim Wenders a été proposé par le Vatican (qui co-réalise d’ailleurs la chose...). En résulte, évidemment, un portrait très (trop) flatteur, alors que le sujet et l’idée de base s’avéraient intéressants. 

« Pape François : un homme de parole » se base, durant une heure trente, sur de longs entretiens face caméra. Jorge Mario Bergoglio – son vrai nom – y apparaît le visage doux, le regard pénétrant, la voix apaisante. Le souverain pontife ouvre son cœur et parle. Beaucoup. Énormément. Il confirme son engagement social et son souci pour la pauvreté, son engagement dans l’écologie. Les sujets qui fâchent ne sont bien évidemment pas abordés, tout comme les polémiques. Wenders filme les interviews de son sujet unique sans con-trepoint. Forcément, à servir des images enchanteresses, l’œu-vre de Wenders finit vite par paraître naïve et assommante, d’autant qu’elle est plombée par un rythme soporifique (toute-fois un peu reboosté par des séquences en noir et blanc sur François d’Assise).
« Pape François : un homme de parole » gâche en fait son potentiel de départ qui était de s’adresser à tout le monde et pas qu’aux croyants et aux chrétiens. Convaincant pour les convaincus, mais pas pour les autres, le film de Wenders n’est en définitive qu’un film de commande, une vidéo promotion-nelle plus qu’un véritable documentaire. Dommage.

De Wim Wenders (USA). Durée : 1 h 36.