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Ciné : Désobéissance

DESOBEISSANCE-CINEDésobéissance 3/5
Filmer l’amour lesbien et les rapports humains
ainsi que leurs 
contradictions
dans un environnement pétri de dogmes,
c’est 
ce que fait Sebastián Lelio
dans cette adaptation du roman
éponyme de Naomi Alderman.

 

Désobéissance (Disobedience en VO) prend pour cadre la communauté juive-orthodoxe de Londres. On y suit Ronit, une jeune femme qui retourne chez elle pour les funérailles de son père. Mais son retour n’est pas forcément bien perçu. D’autant qu’elle va avouer à son amie les sentiments qu’elle éprouve pour elle… Il se dégage de ce Désobéissance une mélancolie profonde, une atmosphère grisâtre et terne, froide même, résumant finalement ce qu’il se passe dans le coeur et l’âme des protagonistes. Dans ce film très lent (trop), les pulsions charnelles se mélangent à la foi. De par leurs tourments intérieurs, les êtres sont déboussolés. Et, donc, désobéissent. Dans ce tourbillon d’insoumission, dans cet environnement étouffant, les comédiennes brillent. Le duo formé par Rachel Weisz et Rachel McAdams est aussi brûlant que solaire. Impeccable, le tandem parvient, avec une parfaite sensibilité, à faire naître une tension sexuelle palpable mais tout en nuance. Ce qui débouche d’ailleurs sur une extraordinaire scène d’amour poignante d’érotisme. Un lyrisme et une sensualité qu’on aurait toutefois aimé plus présents au cours du longmétrage. Car il manque à Désobéissance ce raffinement émotionnel, ce côté direct qui aurait nourri ce drame contemporain autour d’une histoire d’amour impossible dans une communauté religieuse. Finalement, Désobéissance ne serait-il pas un peu trop sage ?

 

                                           

> Drame/romance,
de Sebastián Lelio (USA).
Durée : 1 h 54.

Avec Rachel McAdams,
Rachel Weisz, Alessandro Nivola…