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Critique ciné : the final portrait 3/5

the-final-portraitC’est un biopic à l’approche originale
que propose 
Stanley Tucci
avec Giacometti : the final portrait.

Loin de retracer la vie et l’oeuvre
d’Alberto Giacometti,

le cinéaste plonge ici
le spectateur dans un quasi

huis-clos situé dans son atelier,
où l’artiste a peint,

dans les années 60,
son ami James Lord,

un Américain devenu son modèle.


Stanley Tucci prend le parti-pris de rester en surface, de
retranscrire cette sorte de jeu du chat et de la souris, où
James Lord ne cesse de repousser son retour à New York
malgré son impatience, face à un peintre aussi incontrôlable
que perfectionniste. Son film est un face-à-face, un amas
d’échanges : on ne sort pas beaucoup de l’atelier terne et
poussiéreux (bien rendu par sa photographie grisâtre) de
Giacometti. Les rares excursions à l’extérieur sont surtout
l’occasion de bavardages sur la vie et l’art. C’est donc tout de
même rapidement redondant, tant dans la structure filmique,
la linéarité du récit que l’enrobage sonore.
Cependant, le réalisateur a la bonne idée d’instiller une dose
de comique de répétition à ce biopic pas comme les autres.
Giacometti y apparaît alors comme un artiste un peu fou,
torturé, enquillant clope sur clope, éternel insatisfait jurant
à coup de « fuck » tonitruants, point névralgique entre son
galeriste, son frère, sa femme, sa maîtresse et… son goût
pour les prostituées. Il est ainsi magistralement interprété par
Geoffrey Rush, parfait avec son jeu haut en couleurs, truculent
dans sa performance presque théâtrale. C’est d’ailleurs lui qui
porte le film à bout de bras, une réflexion sur la création qui
manque toutefois suffisamment de souffle et de substance
pour en faire une oeuvre marquante et durable.
Aurélien Germain
> Biopic, de Stanley Tucci (GB/France). Avec Geoffrey Rush, Armie
Hammer, Sylvie Testud, Clémence Poésy…