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Ciné : Le ciel étoilé au-dessus de ma tête 3/5

CINEC’est l’histoire d’un type de 50 ans. Bruno.
L’auteur d’un premier roman salué
par la critique en 1996 et… c’est tout.
 

Parce que 20 ans plus tard, Bruno est célibataire, sans enfants, se lève tard et passe ses journées en slip. De quoi inquiéter ses proches (mais pas lui, surtout pas) qui vont jusqu’à appeler une psy pour décider de son internement ou non. Bruno, un protagoniste extraterrestre pour un film ovni. Le Ciel étoilé au-dessus de ma tête est un drôle de bidule : foutraque, déjanté, excentrique, mais surtout inclassable. Complètement barré, le long-métrage de Ilan Klipper – jeune cinéaste passé par la case documentaire – est une rêverie loufoque, où le réalisateur s’envole dans ses délires… quitte à laisser le spectateur sur le bord de la route (on adhère ou pas à cette bizarrerie). Mais avouons qu’il est difficile de ne pas se laisser charmer par ce personnage d’écrivain à l’ouest, brillamment incarné par Laurent Poitrenaux (son jeu est jubilatoire). Alors il est vrai que la mise en scène déstabilise autant qu’elle peut rebuter. Le découpage est complexe, agaçant. Les flash-back incessants – le passé, le présent, la temporalité s’emmêle – ont tendance à amoindrir le propos. La galerie de personnes, Bruno le névrosé en tête, est toutefois tellement bien dessinée qu’elle rend le récit terriblement savoureux. Quasi huis-clos, l’oeuvre de Klipper est en fait une plongée dans un cerveau bouillonnant, une retranscription de l’Artiste et de sa condition. En y repensant, Le Ciel étoilé au-dessus de ma tête n’est pas tant un film fou. Il est surtout un film libre.

 

                                          

Comédie, de Ilan Klipper
(France).
Durée : 1 h 17.
Avec Laurent Poitrenaux, Camille Chamoux,
Maryline Canto, François Chattot…