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LE BONHOMME DE NEIGE

CINEMAl y en avait, pourtant, des talents réunis…
Côté distribution, avoir droit à Michael Fassbender, Rebecca Ferguson,
Char-lotte Gainsbourg, Val Kilmer et Chloë Sevigny.
Mieux encore, compter sur Tomas Alfredson aux manettes,
le réalisateur de La Taupe ou de l’excellentissime Morse.

 

 

 

Enfin, sublimer le tout avec Martin Scorcese comme producteur.
Mais non, les beaux noms ne font pas tout. La preuve avec Le Bonhomme de neige,
alias The Snowman en V.O.

Tout débute pourtant bien pour cette adaptation d’un roman policier à succès,
histoire d’un serial-killer qui laisse des bon-hommes de neige sur les lieux de ses crimes.
La séquence d’ouverture, glaçante (père violent + suicide d’une maman + garçon terrifié),
offre une entrée en matière sèche et intrigante. On admire alors à quel point Tomas Alfredson
maîtrise sa mise en scène. À travers des paysages spectaculaires (une Norvège hivernale,
désertique et enneigée), le cinéaste déroule un cadre somptueux. 
Mais cette beauté visuelle ne rattrapera jamais un film laborieux et brouillon, pourtant gorgé
de bonnes idées. Difficile d’entrer dans un récit où le suspense policier est plat, où le spectateur
ne participe pas. Il faut dire que le réalisateur a récemment avoué que son temps de tournage
avait été « trop court, car nous n’avions pas le scénario en entier avec nous » (!).
Le résultat est malheureusement flagrant à l’écran : trous noirs, incompréhensions, intrigue écrite
avec des moufles…Pire encore, le casting, en pilotage automatique, peine aussi à rattraper l’ensemble.
L’impact est amoindri, Le Bonhomme de neige fond doucement au long de ces deux longues heures.
The Snowman n’est donc pas un mauvais film. Il n’est simplement pas à la hauteur des attentes.

A.G