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LOGAN LUCKY

LOGANC’est le retour d’un cinéaste que l’on attendait avec impatience.
Steven Soderbergh, connu pour être l’un des réalisateurs
les plus doués de sa génération, revient cette fois poser sa caméra
dans l’Amérique profonde et y déballer, avec tout son savoir-faire,
ce Logan Lucky aussi étonnant que détonant.

 

 

Un film de braquage ? Une comédie noire ?
Le film de Soder-bergh est un peu les deux à la fois.
Une sorte d’Ocean’s Eleven du pauvre à la sauce redneck,
trempé dans le soleil chaud de la Virginie Occidentale.
Logan Lucky dépeint l’Amérique qui ne connaît pas
l’American dream. Il suit deux frangins, Jimmy et Clyde,
pas franchement malins mais à qui la vie n’a pas fait de cadeau.
Une existence aussi morne que médiocre. Aidés par un taulard bourru,
ils se décident à commettre un braquage, lors d’une course de Nascar…

Commence alors un récit dont l’influence des frères Coen est prégnante,
alternant entre le burlesque, le réalisme, l’absurde, voire le cartoonesque
(dles tenues de prisonnier à rayures comme dans les dessins-animés).
Si le film souffre de quelques longueurs et aurait mérité un grain de folie supplémentaire,

il peut en revanche se targuer d’une distribution extraordinaire.
Le casting, brillant, est emmené par le duo efficace Channing Tatum / Adam Driver
(oui, forcément, ça change de Star Wars !). Riley Keough est, elle, solaire,
tandis que Daniel Craig est absolument épique dans un rôle à contre-emploi,
baroudeur peroxydé et dangereux, à l’opposé total de sa belle gueule de James Bond.
Le tout est emballé dans une mise en scène brillante (tous les cadrages sont ultra-réfléchis)
et un sens du détail délicieux. À condition de se laisser embarquer dans l’aventure,
Logan Lucky est un divertissement certes modeste mais efficace.

A.G