Dossiers

Pleurer pour déstresser

BB

 

 

Éric Binet, psychologue clinicien
spécialiste de la petite enfance,
décrypte pour nous les pleurs
des enfants de 0 à 3 ans.

 

 

 

Que signifient les pleurs des enfants de 0 à 3 ans ?
70 à 80 % des temps de pleurs des tout petits n’ont pas une signification claire (une fois éliminées les raisons physio- logiques liées à la faim, l’hygiène, les soins, etc). De façon très maladroite, certains professionnels ou parents les interprètent comme des caprices. Or, le pleur est le seul moyen, pour le tout petit, de gérer son trop plein de stress. Grâce à la neurobiologie, on sait que les larmes n’évacuent pas que de l’eau et du sel, mais aussi les hormones du stress. Les pleurs du tout petit lui permettent donc d’éliminer des toxines ! L’autre aspect, encore plus important, c’est que les pleurs permet-tent de provoquer la venue du parent et le peau à peau, qui va permettre au tout petit de libérer de l’ocyto-cine. Le cerveau libère cette hormone liée à l’attachement lorsque le bulbe olfactif de l’enfant reconnaît l’odeur du parent. Sans une certaine dose de cette hormone, le tout petit se sent en insécurité.

Quelle attitude adopter face aux pleurs ?
On doit le prendre dans ses bras, mais sans réprimer ses pleurs, au risque de l’insécuriser. Or, on a mis au point de nombreux systèmes de répression des pleurs, comme, par exemple, le fait de dire chut, de détourner l’attention de l’enfant avec un jeu, etc. Cette atti-tude peut engendrer des perturbations sur l’autorégulation du stress ou des émotions et peut amener l’enfant à renoncer à aller vers les autres lorsqu’il est en détresse.

Pourquoi les pleurs des enfants nous semblent parfois insupport-ables ?
C’est parce que ces pleurs réveillent en nous le bébé, dont les pleurs ont été stoppés, et qui était en souffrance.