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Crowdfunding : a votre bon coeur

p4 entree dossierLa fête du crowdfunding,
ça se passe le 6 juin. Mais voilà, c’est à Paris.
Du coup, on se permet une contre-fête ici,
dans les pages de Tmv.
Parce que le financement participatif,
ça réussit aussi très bien aux Palois.

 

 

 

 

 

 

Le crowdfunding, ou financement participatif (choisissez donc votre terme préféré) a le vent en poupe. C’est la nouvelle méthode pour trouver des sous qui séduit tout le monde, Palois compris. D’ailleurs, la CCI Pau-Béarn vient même de lancer sa propre plateforme locale. Mais au final, c’est quoi, le crowdfunding ?

Comment ça marche ?
Des sites spécialisés (de plus en plus nombreux) mettent en relation des porteurs de projets avec des internautes intéressés. Tout le monde peut miser sur une idée et proposer une somme d’argent, de toute petite à très grande. Le concept ? L’union fait la force.
Il existe trois types de crowdfunding :
 le don à don : pas de contrepartie financière pour l’épargnant (celui qui a donné des sous, donc), mais un cadeau, ou une attention.
 la participation aux fonds propres de la société. La rémunération de l'épargnant se fait alors par les dividendes ou par la plus-value réalisée lors de la cession des titres.
 le prêt. Les prêts entre particulier sont désormais possibles, sous certaines conditions. A noter que le porteur de projet,  ne pourra pas emprunter plus de 1 000 000 € par projet.

Pour qui ?
Pour tout le monde, du moment que le projet tient la route. Quel que soit le site  de crowdfunding choisi, il vous sera demandé un bon paquet d’infos. Les critères de sélection se basent généralement sur le caractère innovant du projet, son utilité et son aspect communautaire.

Pourquoi ?
En général, les porteurs de projet ont déjà épuisé leur énergie auprès des banques. Le crowdfunding est aujourd’hui un autre moyen d’obtenir des financements pour son projet, qui plus est peu risqué pour lui comme pour les donateurs ou investisseurs. Si la somme attendue n’est pas obtenue dans un délai donné, le projet est abandonné. Si la collecte aboutit, le porteur repart avec son argent, sans oublier la commission retenue par le site, qui tourne généralement autour de 8%.

Où ?
Quelques exemples de sites parmi les plus connus (et il y en a un sacré paquet !) :

- Plateformes  généralistes de dons, sans contrepartie financière :
 Ulule
 Kisskissbankbank

- Pour les entreprises et startups
Wiseed (participation à partir de 100 € pour les investisseurs, les projets devant atteindre 50.000 euros au minimum pour être acceptés)
 Particeep
 Cofundit (anglophone)
 Prosper et Communitylend

Toutes les infos
sur
www.leguideducrowdfunding.com

                                        

Un succès en chiffre

La cinquième vague du baromètre e-donateurs LIMITE – IFOP,
en partenariat avec Faircom Paris,
montre que le phénomène du e-don
est entré dans les mœurs :
près d’un Français sur quatre
déclare avoir fait un ou plusieurs dons par Internet en janvier 2015
(24%, dont 7% régulièrement et 17% de temps en temps).
Et 87% d’entre eux sont prêts à redonner cette année.
En France, ce sont plus de 32 000 projets qui ont bénéficié d’e-dons. 

                                        

Palois, paloise, ça se passe ici !

p5 koffrefor boiteaideeA Pau, on commence à devenir des habitués du crowdfunding. Très régulièrement, on trouve un appel aux dons pour un projet. Tmv s’en fait d’ailleurs très souvent l’écho ! Du coup, quand Nicolas Desilles a lancé son site de financement participatif local en juin dernier, on y a cru, tout comme lui. Porté par l’association gantoise Kibouge, Koffrefor n’est pas exclusivement local mais tout de même : les projets retenus sont pour 80% d’entre eux béarnais, et la proximité, ça marche ! Aujourd’hui, sept d’entre eux ont été financés et Nicolas Desilles ne souhaite pas que ça s’arrête.  « Nous espérons arriver à un flux régulier de trois nouveaux projets par mois, » souligne-t-il ainsi. Chez Koffrefor, on fonctionne comme chez les autres plateformes de don à don, à une (grosse) différence près qui intéressera les porteurs de projet : le site ne retient pas de pourcentage sur la cagnotte. Autant dire qu’il est un peu l’exception qui confirme la règle. Inspirée par le crowdfunding ambiant, la Chambre de Commerce et d’Industrie (CCI) Pau-Béarn s’est elle aussi jetée dans le bain de l’e-don. Elle vient de lancer un site de financement participatif nommé Ma boîte est vous, monté en collaboration avec Bulb in Town. L’idée est de consacrer un intérêt pour les projets locaux : TPE, PME et associations. Mis en place depuis quelques jours, le site ne soutient pour le moment que deux dossiers. On suivra de près l’évolution.

www.maboiteestvous.fr               www.koffrefor.fr

                                        

Ces paloises et ces palois qui optent pour le crowdfunding

Raide dingue des Halles de Pau

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Son projet
Ça s’appelle Pau, les Halles gourmandes et ce sera un livre d’art, soutenu par un web docu en ligne. Ce projet est avant tout né d’une histoire d’amour. Quand Audrey Abbal, une montpelliéraine trentenaire, arrive à Pau il y a six ans, elle tombe raide dingue des Halles. Chez elles, tout lui plaît, de leur ambiance à ces personnes qui les font vivre. « Les Halles sont le coeur et le ventre de Pau, poétise la jeune femme. Elles sont l’organe vivant de cette ville. »  Pourtant armée de cette passion, quand elle émet auprès des institutions son projet d’un livre autour de ce lieu fédérateur, elle est félicitée pour l’idée mais pas suivie. Qu’importe, si l’argent ne se trouve pas sous les pas d’un cheval, sous ceux des Internautes si. 

Les sous
4800€ récoltés sur le site de crowdfunding kisskissbankbank plus tard, Audrey Abbal sait combien elle doit à ses donateurs. « C’est grâce à eux si le projet est possible, « appuie-t-elle, fière de ce travail d’équipe. Eux, ce sont des particuliers (excepté le Groupama d’Oc, seul investisseur privé) : des proches, des proches de ces proches, mais aussi des inconnus. Sept d’entre eux ont donné 10€, et recevront de tendres remerciements et une dédicace. Un autre a, lui, versé 500€ et devient sponsor officiel et tout ce qui va avec. Mais qu’importe la somme, ce qui touche Audrey, c’est leur foi dans son projet. 

Ca en est où ?
Aujourd’hui, la jeune graphiste est en plein dedans. Son livre de recettes de cuisine mais pas seulement prend doucement forme. Il sera gros (une centaine de pages, tout de même !), il sera beau, et il valorisera tout ce qui fait les Halle, des producteurs aux produits, du lieu aux consommateurs...  Et il donnera faim, sans aucun doute, avec les 24 recettes proposées par 13 maîtres restaurateurs. Sans parler des recettes filmées, qui seront intégrées à un web docu diffusé sur Internet. Bref, tout ça, ça fait un bon gros boulot à fournir quoi. Au départ, Audrey Abbal était seule pour lancer tout ça. Aujourd’hui, elle coordonne le boulot d’une équipe : les graphistes de Work in process, un chargée de com’ et un vidéaste... Tous sont bénévoles, mais quand un projet est sympa, on préfère s’oublier un peu parfois. Régulièrement, la jeune femme met au parfum ses financeurs et tous les autres intéressés par le projet. « C’est primordial, souligne-t-elle. Les seuls comptes que j’ai à rendre, c’est aux kiss kiss bankers. »  Sur le site de financement participatif mais aussi sur Facebook, elle raconte très souvent comment tout ça avance. Histoire de calmer la faim de ces donateurs certainement très gourmands. Leur patience sera récompensée, normalement le 1er décembre avec le lancement du livre. Ça se passera aux Halles, bien évidemment. Et il y aura de quoi se mettre sous la dent, bien évidemment encore.

https://www.facebook.com/pau.hallesgourmandes

 

La pâte Apat

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Son projet
Il est auteur. Il est conteur. Il est compositeur. Et en plus de tout ça, il est talentueux. Olivier Apat chante depuis quelques temps son spectacle A marée basse, à grand renfort de jeux de mots bien pensés autour de la mer. C’est drôle, c’est rythmé et en plus il y a du sens, là dedans. On y cause d’écologie, mais pas à la façon de Nicolas Hulot non, plutôt avec dérision. Bref, ça faisait plusieurs fois que ces spectateurs de tous âges réclamaient un CD. Alors voilà, Olivier Apat et son pote de scène Régis Darthez ce sont dit : faisons-le ! « C’est un concours de circonstance, explique Olivier Apat. Nicolas Desilles montait Koffrefor et il avait besoin d’un projet pour le lancer. » Par curiosité, il s’affiche sur Koffrefor en juin 2014, sans savoir où tout ça va le mener.

Les sous
Pour produire le CD A marée basse, il fallait récolter 3000 €. Et la pêche s’est avéré plutôt bonne, puisqu’en trois mois la somme a été atteinte. Les financeurs ? Des proches, beaucoup, mais aussi des connaissances de ces proches. Bref, tout ça, ça marche par connexion. Olivier d’ailleurs a sa petite idée sociologique sur la question : « ça témoigne de l’instinct grégaire de l’être humain, constate-t-il. Une fois que nous avions dépassé une certaine somme, le nombre de personnes misant sur notre CD a très vite augmenté. »  Au final, ce sont 41 personnes qui ont mis la main au porte-monnaie.

Ca en est où ?
Le CD est sorti ! Il est carrément tout frais, ça fait seulement 15 jours. Il a pris le temps pour émerger, mais maintenant qu’il est là, Olivier Apat compte bien le faire vivre. A travers le spectacle, bien entendu, qui du coup prendra le même virage que le CD, avec un p’tit côté punk-rock. Koffrefor, ça vous change un Apat. www.olivierapat.com

 

Un projet en béton

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Son projet
Romain Dhouailly en parle tellement bien qu’on ne peut qu’être enthousiasmé par l’idée. Depuis cet été, il bosse sur son projet de structure privée d’escalade, sûrement différent de ce que vous pouvez imaginer. Ici, pas question de cordes, de baudrier et de mur de on-ne sait-combien de mètres de hauteur. Bêta-Bloc, puisque c’est son nom, sera une salle d’escalade de bloc située à Billère, au 7 rue de l’Abbé Grégoire. On y trouvera des murs de 4m50, sur lesquels on grimpe sans sécurité mais avec un tapis de réception au sol, tout de même. C’est ludique, ouvert à tous les âges, et surtout, « il y a un vrai partage entre les pratiquants,» comme le souligne Romain.Du coup, pour appuyer cet esprit de convivialité, le jeune homme souhaiterait installer un espace détente avec petite restauration. Pour les accompagnants (parents, on pense à vous !), les bras fatigués, des personnes de passages... Mais voilà, là, le budget est un peu court. Et c’est là que Romain a pensé à vous.

Les sous
Premier projet soutenu par Ma boîte est vous, Bêta-Bloc est encore en campagne, à la recherche de 4000 €.  Pour le moment, le projet d’espace détente est financé à 80%... Romain croise les doigts jusqu’au 12 juin, espérant que d’autres personnes seront sensibles à son projet. Lui est à fond dans cette idée de partage, informant régulièrement ses donateurs via la plateforme . « Je veux impliquer les gens qui se sont engagés,» appuie-t-il. Romain promet une découverte en avant-première du lieu à ces gens qui croient, comme lui, à son projet. Sans parler de la contre-partie induite par le don à don, variant selon le montant de la participation.

Ca en est où ?
« Nous arrivons à la fin des travaux de la salle, explique le jeune homme. Le 15 juin, nous recevons toutes les prises qui seront installées dans les dix jours. » Dès le 12 juin, si la cagnotte est atteinte, Romain  pourra commencer l’installation de son coin détente. Pour vous en faire profiter dès l’ouverture, prévue début juillet.

Tous les renseignements sur www.beta-bloc.com