Tendances : la ville comme terrain de sport

dossier 1

Le Parkour est l’une
des disciplines les plus connues :

retour sur ces sports de rue,
où seulesl’inventivité
et la créativité comptent.

Ah, et le mobilier urbain !

 

 

 

La France avait découvert cela avec le film Yamakasi. C’était en 2001. Plus de deux millions de personnes se sont précipitées dans les salles. Le film d’Ariel Zeitoun suivait une bande de jeunes banlieusards, hyperactifs et surdoués dans leur discipline : l’art du déplacement. Escaladant les immeubles, sautant de toit en toit… Maintenant, on appelle ça le Parkour. Une discipline qui vivotait toutefois incognito dès 1998, avec les Français David Belle et Sébastien Foucan. Désormais, le phénomène compte des milliers d’adeptes. Les sports dits urbains fleurissent. Tous appartiennent aux cultures urbaines, « développées suite à l’arrivée du hip-hop aux États-Unis, dans les années 1980. Adaptation et créativité sont les mots-clefs », comme le rappelle la Toulousaine Marianne Bel-Auricombe, spécialiste du sujet. « L’idée, c’est de s’adapter à la ville, tout en se la réappropriant. De façon un peu barbare, c’est ce que l’on appelle la flexibilité cognitive.» À tmv, les mots barbares, on va les oublier. Et simplement mettre un coup de projecteur sur ces pratiques, sur ces disciplines. Un zoom sur de véritables athlètes qui prouvent qu’on n’a pas forcé-ment besoin d’une salle de sport : le mobilier urbain sussit.

Les indispensables du jargon

Traceur : à l’origine, membre du groupe des Traceurs créé par David Belle et Sébastien Foucan. Bon, depuis, le terme s’est élargi et désigne désormais tout pratiquant du parkour.

Freerunning : variante plus acrobatique du parkour, qui se focalise davantage sur l’esthétique des mou-vements. À ne surtout pas confondre avec le parkour sous peine de passer pour un débutant. Oh la honte !

Deux mouvements techniques (rien que leur nom donne envie de se mettre au parkour) :
- Tic-tac : appui sur une surface pour en atteindre une autre
- Saut de chat : passement d’obstacle bas consistant à franchir le muret, en poussant avec les mains et en faisant passer ses jambes entre les bras. Easy, quoi.

Pour briller en société : Florian Lebreton. Son nom ne vous dit rien ? C’est THE sociologue à connaître. Il est passionné de culture urbaine et pro des sports urbains. Sa thèse en Doctorat, présentée en avril 2009, portait sur les cultures physiques émergentes en milieu urbain (alternatif, sous-culture, contre-culture). Pour vous la jouer, vous apprendrez à vos ami(e)s que monsieur a eu mention très honorable.

Le saviez-vous

Les sports urbains sont souvent des marques commerciales.

Sculpter son corps en plein air, tout en s’éclatant et en se distrayant : non, ce n’est pas du parkour, mais les Body Art athlètes de rue. Vous les avez peut-être vus dans l’émission La France a un incroyable talent, sur M6 (ils étaient en finale). Ce body art, c’est « la combinaison de mouvements de musculation rythmés et l’utilisation des élé-ments de rue (…) : un art à part entière », comme le définit le site offciel de l’asso athletesderue.com.

Imaginez une longboard. Imaginez un type qui fait le poirier dessus. Ça s’appelle un handstand et c’est une figure assez diffcile à tenir. Pas pour Sam Tartamella visiblement : en 1996, âgé de 41 ans, ce skateboarder a tenu sur une distance de 687,33 mètres ! Il a obtenu le record du monde du plus long handstand

Imaginez un skateboard. Imaginez un type dessus qui saute avec (non, non, on ne se répète pas). Ça s’appelle un ollie, la figure de base en planche à roulette. Bernd Tratting, un Autrichien, a voulu pousser un peu plus loin. Enfin… plus haut. En 2013, il a pété les records : au sol, il a réussi à sauter en skate au-dessus d’une barre de 115,2 cm.

dossier le saviez vousYamakasi est un mot d’origine zaïroise qui signifie, en Lingala, « esprit fort, corps fort et homme fort ».> David Belle, pionnier du parkour qui a consacré sa vie au développement de cette discipline, a tourné dans le ἀlm Banlieue 13. Mais il a aussi fait des vidéos promos pour Tina Turner, IAM, ainsi que des pubs pour la BBC, Nissan et Nike.

 

L’utilisation détournée du mobilier urbain n’est pas illégale. À condition qu’elle respecte les principes de base : pas de dégradations, ni de mise en danger d’autrui, etc.

 

Yamakasis à la manière paloise


dossier-parkour1Ils sont plus d’une vingtaine à sauter de murs en murs,
utilisant la ville comme terrain de jeu à ciel ouvert.
Pour eux, le parkour est plus qu’un sport : c’est un état d’esprit.

 

 


T’as un jogging ? T’as des baskets ? T’es paré pour le parkour. Rien de plus n’est nécessaire pour rejoindre les 26 membres de Shock of street, l’association paloise. Oui, une asso, et affiliée à la Fédération Française de parkour avec ça, parce qu’on ne fait pas du parkour à l’arrache, messieurs (et mesdames aussi, trois filles sont inscrites.)
Florian et Jérémy sont vice-président et trésorier de Shock of street. Depuis plusieurs années, ils sillonnent Pau à la façon de Spiderman en séance d’entraînement. Alors ils savent mieux qui personne combien l’encadrement de la pratique est nécessaire. « Nous voulons apporter un structure à la pratique, pour éviter les dérives d’une part, mais aussi rassurer les parents qui peuvent trouver la discipline impressionnante,» expliquent-ils. C’est vrai que si on reste coincé sur le film Yamakasi, on a quelques raisons d’être un peu peureux. Mais c’est comme tout, un sport, ça s’apprend. En revanche, comme dans peu de sport pour le coup, pas d’esprit de compét’, ici. La philosophie du parkour est de favoriser l’esprit d’entraide, quel que soit son niveau. « C’est un sport de découverte de soi, » sourient les deux jeunes palois.
Eux ont été conquis par ce sport très complet mais aussi très ludique, qui, résument-ils, « oblige ton corps à s’adapter aux élements qu’il rencontre. » Pour ces jeunes palois, on fait tous plus ou moins du parkour au quotidien. Avec l’asso, l’idée est d’amener une réflexion sur cette manière d’appréhender la ville.
Un parkour park, pourquoi pas ? Le parkour, même François Bayrou s’y est mis. Enfin, pas vraiment. Disons qu’il connaît, parce que les membres de Shock of street ont à coeur de se rappeler à son bon souvenir. Le projet de skate-park envisagé par la mairie est l’opportunité rêvée pour les amateurs de parkour. « Nous aimerions profiter de cette structure pour dynamiser le pôle sport urbain et créer un parkour park accolé », soulignent Florian et Jérémy. Histoire de favoriser la progression des débutants, même quand il pleut, avant de se lancer dans le grand bain de la ville. Et si vous aussi vous avez l’impression d’être né sans muscles, pas d’inquiétude, le parkour s’adapte à vous, et pas l’inverse. Si vous devez commencer par une roulade, et bien ce sera déjà ça. Rens. sur les entraînements (à partir de 14 ans) via le facebook Shock of Street - Pau Parkour

Le parkour, mais pas seulement
Le parkour, c’est bien, mais le sport urbain c’est aussi le skate-board, le street-workout ou encore le speedminton...« De quoi », dites-vous ?

Il existe une multitude de sports que l'on peut pratiquer en bas de chez soi. Il suffit juste d'un peu d'imagination et la ville se transforme en immense terrain de jeu.
Tour d'horizon de ces sports urbains encore méconnus.

 

dossier-Slackline1La slackline : une sangle, deux ancrages et go!
La slackline ou slack se pratique en milieu naturel ou urbain. Le principe? Sur une sangle - appelée slackline- tendue entre deux ancrages (tels que des arbres, des poteaux, points d'ancrage d'escalade…) le slackeur progresse en équilibre (sans chuter si possible). La discipline de la slackline se divise en plusieurs branches : la longline (longue distance), jumpline (les pratiquants font des figures aériennes), la blindline (les yeux bandés) ou encore la highline (généralement entre deux falaises). A vous de laisser libre cours à votre imagination. A Pau, on vous conseille d’aller voir les Skywalkers : des entraînements encadrés et en toute sécurité (et autorisé par la mairie), sont organisés au Parc Beaumont le plus souvent. Pour plus de renseignements, téléphonez au 06 85 20 65 22. Promis, ils sont sympas !

Le street workout : la muscu en plein air
A mi-chemin entre la gymnastique suédoise et la musculation, le street workout mélange des
figures de force, de souplesse et d'équilibre. La discipline se pratique en plein air. Dans les parcs, les jardins, selon leur inspiration ses adeptes utilisent barres, mobiliers urbains et les infrastructures spécialement dédiées au Street Workout. Ces dernières années, le sport a gagné en popularité et séduit de plus en plus de sportifs. On les voit souvent à Lons, sur le parcours sportif derrière la piscine. Ca vous dit ?

dossier-speedmintonLe speedminton : trois sports en un
Le Speedminton vous connaissez? C'est un mix de trois sports majeurs : tennis, badminton et squash. Il peut se pratiquer sur tous les terrains, même les plus inattendus. Toits d'immeubles, piscine vide, en haute montagne et même de nuit, le speedminton n'impose pas de limites à l'inventivité de ses pratiquants. Côté matériel, pas besoin de filet. Il suffit d'une raquette et d'un volant (plus lourd que celui utilisé pour le badminton) et la partie peut commencer.

dossier-urbantrailL'urban trail : la course dénaturée
Urban et trail, par définition ces deux termes sont contradictoires. Le trail est une course à pied qui se pratique en milieu naturel, loin des paysages gris et bétonnés des grandes agglomérations. Mais certains audacieux ont tenté le pari d’organiser des trails en ville avec les moyens du bord pour apporter de la difficulté : parcs, escaliers et autres ruelles étroites sont de la partie, histoire de la corser un peu. Et ça marche ! En témoigne, le succès de l’Urban trail de Lyon qui est actuellement le plus en vogue en France.
Sans aller jusque là bas, à Pau aussi vous aurez de quoi assouvir votre désir trailesque dans votre ville : tous les ans, à la veille d’Hestivoc, La Camada vous propose une petite douzaine de kilomètres du parc Tissié jusqu’à Clemenceau. Vos mollets ne vous remercieront  peut-être pas.