Dossiers

Sex in Pau City

DOSSIER sex shopFrivoles ou coincés les Palois ?
Alors que se tient le salon
de l’érotisme ce week-end,
c’est ce que l’on a voulu savoir.

 

 

Pour vivre libre, voire li-bertin, vivons cachés. Cela semble un peu la devise paloise dans le domaine des pratiques sexuelles disons... décomplexées.
Plein centre, mais dans une rue un peu à l’écart. Pas de pub, vitrines soft. Le Lokal ou L’Eros, les deux sauna libertins et/ou échangistes de Pau, sont à l’image de leurs clients : discrets. «Côté libertinage, ça peut s’entendre... Comme ce sont souvent des couples illégitimes, ils ne vont pas crier sur les toits qu’ils fréquentent des lieux comme le nôtre», commente Christian, du complexe Le Lokal. De toute façon, avec son officiel(le), ou pas, les clients exigent de la discrétion, d’autant que Pau «reste un gros village». La probabilité de croiser son voisin, son cousin, voire son boss, dans les escaliers menant au jacuzzi est d’autant plus grande. Et là, ce serait un grand moment de solitude garanti ! Une «honte» que Christian ne pige pas bien : «Après tout, le sexe fait partie de la vie...»

Le canard, c’est dépassé !
Le carton du moment,
c’est l’œuf vibrant avec télécommande.

Soit. N’empêche que les pratiques sexuelles «non classiques» restent un sujet tabou. «Sur Pau, les gens sont plutôt coincés» balancent Ophélie, animatrice de réunions sex-toys et accessoires coquins à domicile (un peu sur le principe des réunions Tupperweare, mais pas avec les mêmes boîtes). Installée depuis un an et demi en Béarn après avoir exercé son métier dans le Var, elle avoue avoir du mal à se faire connaître : «Dans le 83, je faisais 3 à 4 réunions par semaine. Ici, en un an et demi, j’ai dû en faire une quinzaine. Mais je persiste, cela va finir par entrer dans les moeurs...» A chaque fois, Ophélie est intervenue dans des soirées filles, et à chaque fois à l’occasion d’un enterrement de vie de jeune fille ou un anniversaire. Autrement dit, lingerie coquine et sex toys, ça va bien pour la blague, mais de là à assumer en public... «A chaque fois, quand je suis arrivée avec mon matos, ils m’ont tous regardé avec des yeux comme ça. Très peu ont reconnu avoir des jouets sexuels chez elles et beaucoup sont étonnées : «Je ne savais pas que l’on pouvait faire ça en couple». Bref. «Ici, les gens ont l’air plutôt classiques : levrette, missionnaire et basta !» Une attitude que la jeune femme n’attribue d’ailleurs pas qu’aux seuls Béarnais, mais aux Français en règle générale : «Les Anglais sont très au fait de ces questions là, les Allemands, aussi. Mais les Français sont encore très arriérés en matière de pratiques sexuelles.» Pour le moins taiseux.
«Une certaine clientèle était réticente au départ parce qu’ils ne connaissaient pas ce genre d’endroits, mais avec le temps, ils se mettent en confiance. Notamment des mecs qui parviennent à accepter leur bi-sexualité» confie un des gérants d’établissements coquins. Quelle clientèle d’ailleurs ? Au Lokal, Christian reconnaît qu’elle est à forte majorité masculine, et gay. Les femmes sont surtout présentes lors des soirées 100 % couples, qui marchent fort. «Parce qu’en couples, les femmes savent qu’elles ne seront pas importunées ou pressées par les mecs.»

«Ici, les gens sont un peu coincés !
Mais je persiste, cela va finir
par entrer dans les mœurs».

Dans ces lieux coquins, ce qui fonctionne très bien, c’est la partie sex-shop. On y vient pour des petits cadeaux, des gadgets (qui ont la côte chez les 19-25 ans) et pour les DVD. «Malgré internet, ça marche vraiment !»  Côté sex toys, le canard vibrant, «c’est has been». Le carton du moment, chez les couples, c’est l’œuf vibrant télécommandé (déclenchable jusqu’à 10 mètres...). Sinon, ce qui marche toujours très bien, ce sont les huiles de massage, ou les lubrifiants comestibles. En revanche, depuis quelques années, les salles de cinéma sont de plus en plus désertées. A tel point que Christian envisage de les fermer dans son établissement, pour les remplacer par un labyrinthe. Entièrement plongé dans le noir et plein de recoins. Coin ! Coin !

                                      

 Salon de l’érotisme Eropolis ce week-end

 DOSSIER Eropolis

Horaires  :
Samedi 4 octobre de 14h à 1h et dimanche 5 octobre de 14h à 20h
au Parc des Expositions de Pau
Tarif :
Entrée = 15€ ou 9,99€ en téléchargeant un bon de réduction de 5€
sur www.eropolis.fr. L’entrée est valable sur les deux jours. A noter que, cette année, le prix d’entrée comprend l’accès à tous les spectacles
et à l’espace hot (hors théâtre pornographique et show privé).

                                       

 Les lieux coquins à Pau

 Le Lokal.
Sex shop, sauna libertin. 3, rue Duboué. Ouvert 7j/7
Tél. : 05 59 84 69 85.
L’Eros.
Sauna libertin, club échangiste. 8, rue Fournets. Ouvert 7j/7.
Tél. : 05 59 27 48 80.
Hot Video Store
Sex shop, cinéma. 16 bis, avenue Gaston-Lacoste. Ouvert 7j/7.
Tél. : 09 84 25 07 64.